Iode

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Jack Norris, diététicien agréé (RD)

Table des matières

Carence et excès d’iode

L’iode est nécessaire au bon fonctionnement de la thyroïde. Pendant des siècles, la carence en iode a été un problème dans de nombreuses régions en raison d’un manque d’iode dans le sol et dans l’alimentation. (Dasgupta, et al.).

Une carence en iode chez les femmes enceintes ou allaitantes peut altérer le développement du cerveau du fœtus et du nourrisson. Un excès aussi bien qu’une insuffisance d’iode peut entraîner une hypothyroïdie conduisant à une hypertrophie de la glande thyroïde, connue sous le nom de goitre.

Chez les adultes, l’hypothyroïdie peut entraîner une déficience cognitive, de l’apathie, de la fatigue, une prise de poids, une intolérance au froid, de la constipation et des pertes de cheveux (British Thyroid Foundation, 2019Linus Pauling Institute, 2015National Institutes of Health, 2020). Une étude systématique a montré que l’hypothyroïdie subclinique est associée à un risque accru de dépression (RR 2,35, IC 95 % 1,84 à 3,02). (Loh, 2019).

Un excès d’iode peut également entraîner une hyperthyroïdie, qui peut provoquer une perte de poids, une tachycardie (pouls élevé), une faiblesse musculaire, un échauffement de la peau et une perte de cheveux. (British Thyroid Foundation, 2019Linus Pauling Institute, 2015). Il pourrait y avoir un lien entre l’excès d’iode et l’acné (Arbesman, 2005Danby, 2007).

Les antagonistes de l’iode

Le soja, les graines de lin et les légumes crucifères crus (brocoli, choux de Bruxelles, chou-fleur et chou) contiennent des goitrogènes qui neutralisent l’iode (NIH, 2020). En grande quantité, ou combinés à une carence en iode, les goitrogènes peuvent exacerber la carence en iode ou provoquer un goitre.

Théoriquement, la consommation de grandes quantités de goitrogènes pourrait avoir un impact négatif même lorsque l’apport en iode est adéquat ; cependant, nous n’avons pas trouvé de preuves de ce phénomène, sauf chez les personnes exposées à des quantités anormalement élevées de goitrogènes, comme celles dont le régime alimentaire est principalement composé de racine de manioc (Chandra Amar, 2015).

Excès d’iode et maladies

Un excès d’iode peut provoquer une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie. Souvent, cette affection est due à une toxicité de l’iode en lien avec la prise de médicaments ou à des procédures médicales, et elle est temporaire, mais dans certains cas, elle peu persister (Leung, 2014). Farebrother, et al. (2019) indiquent que :

  • La plupart des adultes sans maladie thyroïdienne sous-jacente et vivant dans des régions où l’iode est suffisant peuvent tolérer un apport chronique excessif en iode allant jusqu’à 2g/jour sans effet clinique.
  • Les apports élevés en iode constituent un problème particulier aux populations dont l’apport en iode est insuffisant et qui commencent un programme de supplémentation ; des apports de seulement 300µg/jour peuvent déclencher une hyperthyroïdie chez les personnes sensibles.
  • La prévention de la carence en iode par l’enrichissement en iode l’emporte généralement sur les risques d’excès d’iode, mais une surveillance devrait être mise en place.

Dasgupta, et al. rapportent que l’apport en iode au Japon est élevé, compris entre 700 et 3200μg/j, tandis que que la santé de la thyroïde y est excellente, ce qui suggère que l’excès d’iode pourrait être nuisible uniquement dans les régions où la population s’est adaptée à de faibles apports en iode.

Iode et mortalité

Une étude américaine a estimé les taux de mortalité en fonction de la concentration d’iode urinaire (CIU), en utilisant un échantillon national représentatif de 12 264 adultes, âgés de 20 à 80 ans, inscrits à la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) III de 1988 à 1994 (Inoue, 2018). Les participants ont été suivis sur 19,2 ans, et ceux dont le taux d’iode était très élevé présentaient un taux de mortalité plus élevé, alors que ce n’était pas le cas de ceux dont la CIU était très faible.

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Sources d’iodes

L’iode ne se trouve de manière fiable que dans quelques aliments : le sel iodé, les algues, les animaux marins et les produits laitiers. Les vaches reçoivent des suppléments d’iode et l’iode contenu dans les solutions de nettoyage passe dans le lait.

Dans les aliments végétaux, la teneur en iode varie en fonction de la teneur en iode du sol ; les aliments cultivés près de l’océan ont tendance à être plus riches en iode. Les laits végétaux commerciaux non fortifiés sont très pauvres en iode (Ma, 2016Bath, 2017). Les laits végétaux enrichis en iode ont une teneur en iode similaire à celle du lait de vache, mais peu d’entre eux sont enrichis en iode. (Bath, 2017Vance, 2017).

Si une personne mange régulièrement des algues (plusieurs fois par semaine), elle obtiendra probablement une quantité suffisante d’iode ; toutefois, la disponibilité de l’iode provenant des algues est variable et celles-ci peuvent fournir des quantités excessives.

Suppléments de varech

La plupart des suppléments d’iode sont simplement des comprimés fabriqués à partir de varech. Étant une algue, le varech contient probablement au moins de petites quantités d’arsenic. Dans de très rares cas, des personnes prenant des suppléments de varech ont développé des symptômes d’empoisonnement à l’arsenic (Amster, 2007).

Une enquête sur les suppléments de varech aux États-Unis a révélé que 8 produits sur 9 contenaient un certain niveau d’arsenic (Amster, 2007), tandis qu’une enquête au Royaume-Uni sur les algues importées a trouvé très peu d’arsenic dans le varech (Rose, 2007). En revanche, un rapport de 2017 ConsumerLabs.com a trouvé une contamination à l’arsenic dans seulement 1 des 6 suppléments aux États-Unis, mais ils ont trouvé un excès d’iode dans beaucoup de ces suppléments.

Dans leur revue de 2019, Farebrother et al. disent : « Une enquête sur les multivitamines prénatales américaines a révélé une discordance significative entre les informations sur l’étiquette et le dosage en laboratoire ; 25 marques contenant du varech contenaient entre 33 et 610µg par dose quotidienne, cette dernière étant presque trois fois supérieure à l’apport quotidien recommandé de 220µg. Cela peut s’expliquer par les variations naturelles de la teneur en iode du varech, et pour cette raison, les suppléments de varech devraient généralement être évités, et l’iodure de potassium devrait être utilisé dans les préparations vitaminées. »

Statut en iode des végétaliens

Des études ont soulevé des inquiétudes quant au statut en iode des végétariens, et notamment des végétaliens. Dans cette section, nous examinons ces recherches pour déterminer dans quelle mesure ces inquiétudes sont justifiées.

Concentration d’iode dans l’urine chez les végétaliens

La concentration d’iode dans l’urine (CIU) moyenne est utilisée pour déterminer le statut en iode d’une population. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose les catégories suivantes (WHO, 2007):

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Mais l’utilisation des seuils de l’OMS pour déterminer l’adéquation en iode d’une population adulte pose des problèmes. Le statut en iode a principalement été étudié chez les enfants, et Zimmermann et Andersson (2012) soulignent que l’OMS a extrapolé des niveaux de CIU adéquats pour les populations d’enfants aux adultes ; ils fournissent des éléments montrant qu’une CIU moyenne adéquate pour une population adulte est d’environ 60 à 70µg/l.

Il existe également une grande variabilité de l’apport en iode et de la consommation d’eau au long de la journée pour tout individu, les échantillons à jeun et les échantillons du matin donnant des valeurs de CIU plus faibles (Soldin, 2002). Afin de compenser les différents problèmes liés à la détermination de la CIU, il est recommandé d’utiliser 500 échantillons (pas nécessairement d’autant de personnes) pour déterminer la CIU d’une population (Zimmermann, 2012). En comparaison, un total de 360 végétaliens ont été inclus dans toutes les études, 212 étant le nombre le plus élevé d’échantillons dans une seule étude (Schüpbach, 2017). Les méthodes d’échantillonnage de la CUI et le nombre de personnes incluses dans les études sur les végétaliens sont répertoriés dans le tableau récapitulatif des ressources supplémentaire sur l’iode de VeganHealth..

Le tableau ci-dessous comprend des études mesurant la CIU des végétariens et des végétaliens. La CIU typique des végétaliens, représenté par la ligne verte pleine, est bien inférieur aux 100µg/l recommandés par l’OMS, (les lignes pointillées sont commentées dans la section suivante, CIU et débit urinaire).

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Notes sur la figure : LOV – lacto-ovo-végétarien. Sources (de gauche à droite, en anglais) : Finland: Elorinne, 2016; U.K.: Lightowler, 1998; Germany: Weikert, 2020; Norway: Henjum, 2018; Norway: Groufh-Jacobsen, 2020; Norway: Brantsaeter, 2018; Switzerland: Schüpbach, 2017; Slovakia: Krajcovicová-Kudlácková, 2003; Boston: Leung, 2011. (Tableau)

CIU et débit urinaire

Aucune des études mesurant la CIU des végétaliens n’a tenu compte du volume d’urine, qui pourrait être plus élevé chez les végétaliens en raison de la teneur en eau plus importante des aliments végétaux, ce qui donne des mesures de CIU artificiellement basses. Une étude a mesuré le volume d’urine de personnes suivant un régime lacto-ovo-végétarien (Siener, 2002). Dans le tableau ci-dessous, leurs données ont été utilisées pour créer un facteur permettant d’ajuster la CIU des lacto-ovo-végétariens et des végétaliens en fonction du volume d’urine. Les lignes en pointillé dans la figure Type de régime par rapport au CIU (ci-dessus) représentent ce que la CIU des lacto-ovo-végétariens et des végétaliens pourrait être si elle avait été ajustée en fonction du volume d’urine, bien que cela doive être considéré comme purement hypothétique.

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10 hommes ont été placés sous quatre régimes différents pour déterminer l’impact des modifications du régime alimentaire sur la composition de l’urine et le risque de cristallisation de l’oxalate de calcium. Ils ont suivi un régime choisi par eux-mêmes pendant 14 jours, puis trois régimes différents pendant 5 jours chacun : un régime de type occidental « représentatif des habitudes alimentaires habituelles », un régime mixte normal et un régime lacto-ovo-végétarien. Pour le régime mixte normal, le débit urinaire était de 1,5 l/jour, ce qui est souvent cité comme le débit urinaire quotidien pour les adultes (Zimmermann, 2012). Pendant la phase lacto-ovo-végétarienne, le débit urinaire était de 2,5 l/jour en raison de la teneur en eau plus élevée des fruits et légumes. Pour tenir compte de la teneur en eau probablement plus élevée d’un régime végétalien, le facteur pour les végétaliens a été calculé sur la base de la même différence de débit urinaire entre les végétaliens et les lacto-ovo-végétariens que celle constatée entre les lacto-ovo-végétariens et le régime de type occidental.

CIU et créatinine

D’après Soldin (2002) , le rapport entre l’iode urinaire et la créatinine (IU/Cr) est une mesure plus fiable de l’excrétion d’iode que les mesures de la CIU basées sur le volume d’urine. Une seule étude sur les végétaliens a inclus le rapport IU/Cr (Brantsaeter, 2018). Le ratio de la CIU des mangeurs de viande et des lacto-ovovégétariens par rapport aux végétaliens est plus élevé lorsqu’il est basé sur le volume urinaire que sur la créatinine (voir tableau ci-dessous), ce qui fournit davantage de preuves que le volume urinaire pourrait faire baisser artificiellement la CIU des végétaliens. Cependant, il a été montré d’autre part que les végétaliens ont des niveaux de créatinine plus faibles que les mangeurs de viande (Lindqvist, 2020), ce qui contrebalancerait ces ratios, rendant difficile l’évaluation de la CIU des végétaliens en utilisant la créatinine.

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Suppléments d’iode et CIU chez les végétaliens

On observe un phénomène intéressant lorsqu’on représente graphiquement les apports en iode rapportés par rapport à la CIU dans les études sur les végétaliens qui ont fourni les deux données : il y a en fait une corrélation négative entre les apports en iode et la CIU.

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À titre de référence, l’apport nutritionnel conseillé (ANC) en iode aux États-Unis est de 150µg/jour pour les adultes.

En limitant les études aux végétaliens dont les apports ont été mesurés mais qui n’ajoutaient pas d’iode par le biais d’algues ou de compléments, on obtient un résultat similaire, comme le montrent le tableau et le graphique suivants.

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L’étude de Lightowler et Davies (1998) vaut la peine d’être examinée de plus près. Ils ont utilisé une analyse chimique de portions dupliquées des repas sur 4 jours et de l’urine pour déterminer l’apport en iode et la production d’iode urinaire de végétaliens au Royaume-Uni. Ils ont constaté que sur les 30 végétaliens suivis, 22 ne prenaient pas de suppléments ou d’algues, 3 prenaient des algues et 7 prenaient des suppléments. Le tableau ci-dessous montre leurs apports et leur excrétion urinaire d’iode. Les apports en iode pour ceux qui mangeaient des algues étaient de 866 µg/jour. Les résultats suggèrent soit que l’iode contenu dans les algues n’était pas biodisponible, soit que les apports ont été mal déclarés, soit que l’iode avait déjà été éliminé au moment où le test ponctuel a été effectué. L’ajustement pour un volume d’urine plus élevé (comme expliqué dans CIU et débit urinaire) placerait la CIU pour les végétaliens qui se supplémentent dans la fourchette des 60 à 70µg/l recommandée pour une population adulte par Zimmermann et Andersson (2012).

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Hormones thyroïdiennes chez les végétaliens

En ce qui concerne le statut en iode d’une personne, Zimmermann et Andersson (2012) soulignent que la CIU n’est pas un indicateur adapté :

Une erreur fréquente consiste à supposer que tous les sujets ayant une CIU ponctuel <100mg/L sont carencés en iode. Mais l’apport alimentaire en iode et donc la CIU sont très variables d’un jour à l’autre. Dans les pays où l’apport en iode provient essentiellement du sel iodé, la CIU (tant pour les échantillons ponctuels que pour les urines de 24 heures) présente une variation individuelle de 30 à 40% d’un jour à l’autre.

En raison des limites de l’évaluation du statut en iode des individus sur la base de la CIU nous allons nous concentrer sur les hormones thyroïdiennes.

Thyréostimuline chez les végétaliens

La thyréostimuline (TSH) est moins étudiée chez les végétaliens que la CIU, mais sans doute plus importante. Bien que la TSH soit considérée comme un mauvais indicateur du statut en iode, elle est un indicateur plus direct de la santé de la thyroïde, ce qui est l’objectif du maintien d’un bon statut en iode.

On considère généralement que les niveaux normaux de TSH se situent entre 0,5 et 5,0 mIU/l. En général, un taux de TSH plus élevé est un signe d’hypothyroïdie, dans laquelle plus de TSH signale à la thyroïde de produire les hormones thyroïdiennes T3 et T4. Un taux de TSH plus faible est un signe d’hyperthyroïdie dans lequel l’organisme ne signale plus à la thyroïde de produire plus d’hormones car il y en a déjà trop.

Il existe quatre études rapportant les niveaux de TSH chez les végétaliens (Key, 1992Leung, 2011Rauma, 1994Weikert 2020). Avec toutefois certaines réserves concernant Key et al. (détaillées dans les notes de la figure), les niveaux moyens de TSH du total de 150 végétaliens dans ces études étaient, respectivement, de 2,2, 1,1, 2,1 et 2,4 mlU/l; tous largement dans la fourchette normale.

En utilisant les meilleures données dont nous disposons et en dehors des cas où l’apport en iode est excessif, le graphique ci-dessous montre des niveaux normaux de TSH pour une gamme d’apports usuels en iode chez les végétaliens.

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Notes sur la figure : Un apport en iode de 87µg a été estimé pour les végétaliens qui ne se supplémentaient pas chez Key et al. Cette estimation était basée sur une mesure directe de l’iode alimentaire réalisée dans une autre étude sur des végétaliens du Royaume-Uni qui ne se supplémentaient pas non plus (Lightowler, 1998). Le Royaume-Uni n’a jamais eu de programme d’enrichissement en iode (Vanderpump et Bath, 2019Patience, 2018) et les apports végétaliens auraient donc dû être similaires dans les deux études, mais quel que soit l’apport réel en iode des végétaliens de Key et al, leur niveau moyen de TSH était normal.

Key et al. ont exclu trois végétaliens de la mesure de la TSH moyenne parce qu’ils ont déclaré prendre du varech. Ces trois végétaliens avaient des mesures de TSH très élevées de 11,3, 13,4 et 26,4 mlU/l et sont exclus du graphique ci-dessus de l’apport en iode par rapport à la TSH. Pour ces participants, une causalité inverse telle que certains se supplémentaient en iode en réponse à un diagnostic de TSH élevée n’est pas exclue. Les autres végétaliens de Key et al. ont déclaré ne prendre aucun supplément d’iode ; deux d’entre eux avaient des niveaux élevés de TSH de 5,3 et 8,3 mlU/l (et sont inclus dans le graphique ci-dessus).

Rauma et al. ont étudié un petit groupe de crudivores végétaliens de longue date en Finlande, dont beaucoup avaient adopté ce régime pour traiter des problèmes médicaux. L’analyse chimique de portions alimentaires dupliquées a révélé un apport de 26 µg par jour. Tous les végétaliens avaient une TSH inférieure à 4,0, à l’exception de celui dont l’iode urinaire était le plus élevé, soit 1700µg/jour, qui avait une TSH de 5,0 mlU/l (la fourchette de référence du laboratoire était de 0,2 à 4,0 mlU/l).

Une exception aux niveaux normaux de TSH chez les végétaliens ne mangeant pas d’algues marines est rapportée dans un mystérieux résumé (Crane, 1992) que je n’ai pas pu trouver, mais qui est décrit par Remer et al. L’étude portait sur des végétaliens aux États-Unis qui n’utilisaient que du sel marin non iodé et avaient des concentrations sériques d’iode considérablement réduites ; 25% avaient des niveaux de TSH clairement élevés et 12% avaient développé une hypothyroïdie.

Thyroxine (T4) chez les végétaliens

La thyroïde produit deux hormones qui régulent le métabolisme : la triiodothyronine (T3) et la thyroxine (T4). La thyroïde produit principalement de la T4 (Farebrother, 2019). La demi-vie de la T4 est de 5 à 7 jours, contre 1 pour la T3 (Medscape, 2016).

Dans les trois études mesurant les taux d’hormones thyroïdiennes des végétaliens, un seul présentait un taux de T4 inférieur à la plage de référence, et il s’agissait d’un participant à l’étude de Key et al. qui se supplémentait en algues (tableau ci-dessous). Notez que Leung et al. ont exclu les participants atteints d’une maladie thyroïdienne, de sorte que seule une maladie thyroïdienne non diagnostiquée aurait été détectée chez ces sujets.

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Statuts thyroïdiens dans l’Adventist Health Study-2

La façon la plus directe de déterminer le statut thyroïdien des végétaliens est de mesurer leur taux de maladies thyroïdiennes. Les données sont limitées, mais nous disposons de rapports de l’Adventist Health Study-2 (étude adventiste sur la santé – 2) mesurant la prévalence de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie.

La prévalence de l’hypothyroïdie parmi les participants de l’Adventist Health Study-2 aux États-Unis et au Canada a été rapportée à la fois de manière transversale et prospective après 4 à 6 ans environ de suivi (Tonstad, 2013). Les lacto-ovo-végétariens étaient plus susceptibles d’avoir été traités pour une hypothyroïdie au cours de l’année précédente dans le volet transversal, tandis que les végétaliens avaient une tendance à moins d’hypothyroïdie dans le volet prospectif.

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Selon les auteurs, « si les régimes végétaliens sont associés à un moindre poids corporel, ce qui peut protéger de l’hypothyroïdie, un risque plus faible chez les végétaliens était constaté même après avoir pris en compte [l’indice de masse corporelle] et les cofacteurs démographiques potentiels. » On ne voit pas très bien pourquoi les lacto-ovo-végétariens auraient été plus exposés que les mangeurs de viande. L’ajout de sel aux aliments une fois par jour ou plus (par rapport à moins d’une fois par semaine) a été associé à une augmentation de l’hypothyroïdie dans l’ensemble de la population ; ce résultat n’a pas pu être clairement expliqué.

L’étude Adventist Health Study-2 a publié un rapport mesurant la prévalence de l’hyperthyroïdie (Tonstad, 2015). Les végétaliens déclaraient avoir souffert d’hyperthyroïdie au cours de l’année précédente dans une proportion similaire à celle des mangeurs de viande, mais ils étaient deux fois moins nombreux à avoir été traités pour cette maladie.

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Conclusion sur le statut en iode des végétaliens

Sans supplémentation ni algues, les végétaliens ont généralement un faible apport en iode. Les études menées sur les végétaliens montrent également qu’ils ont une CIU plus faible que les omnivores et généralement bien inférieur au seuil de 100µg/l que l’OMS recommande pour une population.

L’utilisation de la CIU comme indicateur du statut en iode des végétaliens adultes pose trois problèmes potentiels : 1) les seuils de CIU de l’OMS sont probablement trop élevés pour les populations adultes, 2) les végétaliens ont potentiellement un volume d’urine plus important, et 3) le nombre d’échantillons de CIU dans les études sur les végétaliens est beaucoup plus faible que ce qui est préconisé. En conséquence, les mesures de CIU ont probablement mené à des estimations exagérées des carences en iode chez les végétaliens.

L’augmentation de l’apport en iode chez les végétaliens ne contribue guère à améliorer leur CIU, et viser une CIU adéquate telle que définie par l’OMS pourrait bien être une démarche futile, voire contre-productive.

Les marqueurs directs de la santé de la thyroïde, les taux de TSH et de T4, ou les diagnostics d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie, ne montrent pas de tendance anormale chez les végétaliens, sauf dans certains cas de supplémentation en varech ou autres algues.

Recommandations

L’ANC pour l’iode aux États-Unis est de 150µg, avec une limite supérieure de 1 100 µg. Bien que la plupart des adultes puissent métaboliser en toute sécurité 1100µg, voire plus, il est prudent de ne pas prendre de supplément dépassant l’ANC.

Idéalement, nous recommanderions seulement de se supplémenter avec suffisamment d’iode pour compenser la différence entre les apports habituels des végétaliens et l’ANC, mais nous avons peu de données sur les apports en iode chez les végétaliens américains. Dans la seule étude sur les végétaliens américains, Leung et al. (2011) n’ont pas évalué les apports en iode, bien que 24 des 62 végétaliens prenaient une multivitamine comprenant de l’iode, et deux prenaient soit du varech, soit un supplément d’iode. Ce groupe présentait la CIU la plus élevée mesurée chez les végétaliens jusqu’ici./p>

Lorsque vous considérez que 1) Zimmermann et Andersson rapportent que chez les adultes en bonne santé, le turnover quotidien moyen d’iode est d’environ 95µg, 2) sans supplémentation, les apports en iode des végétaliens dans tous les pays varient de 20 à 90µg/jour, et 3) la recherche a fourni peu de preuves que les végétaliens présentent des signes cliniques de carence en iode, il semblerait probable qu’une supplémentation de 100µg/jour supplémentaire serait suffisante pour les adultes végétaliens. Cependant, en l’absence de recherches plus directes évaluant les besoins en iode des végétaliens, recommander un apport inférieur à l’ANC pourrait être risqué, en particulier pour les non-adultes, ou pour les personnes qui envisagent de devenir enceintes ou qui sont enceintes ou qui allaitent.

Si le sel est iodé, il en sera fait mention sur l’emballage. Bien que le sel iodé puisse parfois contenir des quantités d’iode supérieures ou inférieures à celles annoncées sur l’étiquette (Dasgupta, 2008), l’iodation du sel est considérée comme l’une des méthodes les plus sûres et les plus efficaces pour atteindre la suffisance en iode dans une population et n’est généralement pas considérée comme une source d’excès d’iode (Leung, 2014). Dasgupta et al. ont constaté que l’iode à la surface du sel peut être perdu par oxydation et que l’humidité peut entraîner une certaine perte d’iode du sel, il est donc préférable de garder le récipient fermé et, si vous vivez dans un environnement humide, de conserver le sel au réfrigérateur.

Les végétaliens qui ne couvrent pas leurs besoins en iode par le biais du sel de table devraient opter pour une multivitamine ou un complément contenant de l’iodure de potassium. Lors de l’achat, sachez que de nombreux suppléments d’iodure de potassium seuls sont destinés à prévenir les contaminations radioactives. Leurs doses sont indiquées en milligrammes (mg) plutôt qu’en microgrammes (abrégés en µg ou mcg) et peuvent correspondre à plusieurs fois la dose maximum recommandée.

Nous recommandons de ne pas se reposer sur les suppléments de varech pour l’iode, mais si une personne a l’habitude de prendre une multivitamine en contenant, les risques ne sont cependant probablement pas assez élevés pour les écarter non plus ; si possible, optez pour l’iodure de potassium plutôt que le varech.

Pour connaître les ANC américains pour différentes tranches d’âge, veuillez consulter Les besoins quotidiens.

Appendice A: tableau des études mesurant les apports en iode dans l’alimentation

Bien que mesurer les apports en iode via l’alimentation soit d’une valeur discutable en raison de la grande variabilité, par souci d’exhaustivité ce tableau liste les études depuis 2015 qui ne sont pas incluses dans l’article ci-dessus.

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Appendice B. éxcrétion de l’iode en suivant un régime lacto-ovo-végétarien

Dans le cadre d’une étude expérimentale menée en Allemagne, 6 adultes en bonne santé ont été soumis à quatre régimes alimentaires distincts pendant 5 jours chacun, séparés par une période de 9 jours (Remer, 1999). Les régimes étaient : 1) un régime omnivore normal modéré en protéines (ND), 2) un régime omnivore normal riche en protéines (P), 3) un régime lacto-ovo-végétarien (LOV), et 4) à nouveau le régime ND. Ils ont demandé aux participants de ne pas utiliser de sel de table iodé et d’éviter les aliments riches en iode afin d’obtenir une teneur en iode représentative.

Une analyse chimique a révélé de faibles quantités d’iode : 15,6µg/jour pour le LOV et 35,2µg/jour pour le ND. La quantité d’iode urinaire était de 36,6µg/jour pour le LOV contre 50,2µg/jour pour le ND.

Les auteurs concluent que les pertes d’iode de la thyroïde ont dû contribuer à la quantité d’iode urinaire et qu’un état métabolique stable n’avait pas été atteint. À l’époque, le goitre était encore endémique en Allemagne, environ 50% de la population présentant une hypertrophie de la thyroïde (Hampel, 1995). Par la suite, l’Allemagne a lancé un programme de sel iodé (Khattak, 2016).

Bibliographie

Dernière mise à jour : janvier 2021

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